| Peintre, certes. Mais en quelle peinture ?
Abstraction ? Impossible, car mes gestes d’aveugle volontaire emportent corps et âme en ces grandes surfaces que je parcours entre la pesanteur et la grâce.
Avant l’envol vers le vide blanc dans cette géométrie latente des rectangles, j’ai tenté des tracés inusités.
Le bleu est venu en imperceptible filet apaisant l’acrobate. Mais d’inquiétantes lueurs jaunes se sont mêlées en mes traces noires d’encre comme des feux assoupis.
Noir terrestre du calciné.
Blanc et jaune que j’aimais, étaient si près de la lumière. Ne pouvait suivre que la chute.
Nous nous doutions bien que le ciel était vide.
La figure héroïque d’Icare m’a occupé l’esprit durant sept années, de 1995 à 2002 : je jouais à brûler, à tomber, et encore à me noyer. Mais une fois tombé en mer (mère) j’ai pu renaître et me préoccuper à nouveau de l’homme, comme avant en 94, quand je posais mon regard à l’horizontale, à hauteur fraternelle.
Posture humaniste, activité symbolique en peinture ? Abstraction ?
|